Des membres du RAQ obtiennent deux subventions pour des projets innovants dans le secteur maritime !

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Le 27 novembre 2024, le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FRQNT), en collaboration avec son partenaire, le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE), annonce l’attribution de six subventions dans le cadre du concours 2024-2025 du Programme de recherche en partenariat dans le secteur maritime I.

Ce programme vise à renforcer les partenariats entre les établissements de recherche universitaires et collégiaux, les acteurs socio-économiques, les organismes gouvernementaux et les milieux utilisateurs de la recherche. En stimulant ces collaborations, ce programme soutient le développement de solutions novatrices adaptées aux besoins du secteur maritime tout en favorisant la formation d’une relève scientifique essentielle pour le Québec.

Félicitations à nos deux co-directeurs et à leur équipe, pour l’obtention de subventions pour leurs projets prometteurs, qui contribueront à l’essor de ce domaine stratégique !


Titre : Structure du stock et habitats de croissance de l’anguille d’Amérique dans le système du Saint-Laurent

Responsable : Sirois, Pascal – Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)

Résumé :  L’anguille d’Amérique est une espèce migratrice des eaux douces et salées du bassin hydrographique du Saint-Laurent. L’espèce est en déclin sur l’ensemble de son aire de répartition de l’Est de l’Amérique. Au Québec, la situation est préoccupante et le gouvernement québécois l’a inscrite sur la liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Les conditions environnementales retrouvées dans le bassin hydrographique du Saint-Laurent sont reconnues pour la production d’anguilles femelles de grande taille et de fécondité élevée, des caractéristiques très importantes pour le rétablissement de l’espèce. Malgré le déclin de l’espèce et sa situation préoccupante, l’anguille d’Amérique fait toujours l’objet d’une pêche commerciale dans le fleuve Saint-Laurent. Cette pêcherie représente 40% des revenus de la pêche commerciale en eau douce au Québec. La pêche à l’anguille est également une activité importante sur les plans social et culturel (ex. pêche de subsistance autochtone) et est d’ailleurs inscrite au répertoire du patrimoine immatériel du Québec. Le plan d’action sur l’anguille d’Amérique du Gouvernement du Québec publié en 2022 vise à assurer le rétablissement de l’espèce et la gestion durable de son exploitation par la mise en œuvre de plusieurs actions prioritaires, dont celle d’identifier les habitats ayant le meilleur potentiel de croissance pour les anguilles dans le bassin hydrographique du Saint-Laurent. L’objectif général de notre projet de recherche est donc d’identifier, de localiser et de caractériser les habitats du Saint-Laurent offrant le meilleur potentiel de croissance pour l’anguille d’Amérique. Pour atteindre cet objectif, nous préconisons une approche innovante en écogéochimie qui consiste à mesurer les variations naturelles des caractéristiques chimiques des eaux du Saint-Laurent et de les utiliser comme signatures de fréquentation des habitats par les anguilles d’Amérique. En premier lieu, nous décrirons les variations de la signature isotopique du carbone (δ13C) et du rapport isotopique du strontium (87Sr/86Sr) de l’eau selon le continuum – fleuve – estuaire, entre le lac Ontario et Rivière-du-Loup. Ensuite, nous établirons la correspondance dans l’otolithe des anguilles, un petit os de l’oreille interne qui enregistre les conditions environnementales dans lesquelles le poisson a vécu. C’est ainsi que nous pourrons identifier les habitats fréquentés tout au long de la vie des 400 anguilles qui seront analysées. En outre, nous étudierons la morphométrie et la concentration de 38 éléments traces des otolithes afin de préciser la structure de population dans les habitats du système Saint-Laurent. Les résultats de la recherche seront transférés aux parties prenantes et aux gestionnaires qui cherchent des solutions au rétablissement de l’espèce et à la gestion durable de son exploitation dans le Saint-Laurent. En outre, par ce projet, nous développerons une nouvelle expertise sur l’écogéochimie du système Saint-Laurent qui trouvera plusieurs applications pour la gestion des ressources halieutiques et des espèces exotiques envahissantes. Enfin, il y aura formation d’une relève scientifique compétente dans des disciplines comme l’écologie, la géochimie et l’halieutique.

Equipe : L’équipe mise en place pour la réalisation du projet proposé réunit des expertises complémentaires et pertinentes et des réalisations antérieures pour l’atteinte des objectifs du projet et des retombées qui en découlent. L’équipe est composée de trois chercheurs provenant de deux institutions (UQAC et ISMER-UQAR) reconnues pour leurs travaux en écologie des poissons et des pêches et en géochimie marine, ainsi qu’un chercheur collaborateur à l’emploi du principal partenaire de l’entente, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). Le MELCCFP est responsable de la gestion de l’anguille d’Amérique sur le territoire québécois. Les collaborations passées entre ces chercheurs constituent une force pour ce projet, qui ouvre aussi la porte à de nouvelles collaborations très prometteuses.

Pascal Sirois (chercheur principal CP) UQAC et RAQ, Olivier Morissette (cochercheur COC) UQAC et RAQ, Gwénaëlle Chaillou (cochercheure COC) UQAR-ISMER, Frédéric Lecomte (collaborateur COL) MELCCFP.


Titre : Le phytoplancton du Saint-Laurent pour combattre l’inflammation cellulaire

Responsable : Tremblay, Réjean, Université du Québec à Rimouski (UQAR)

Résumé :

Le vieillissement et les maladies liées à l’âge sont principalement causés par l’inflammation. Notre exposition à des facteurs de stress tout au long de la vie cause une perte de contrôle de l’inflammation systémique, provoquant une inflammation chronique de faible intensité et pouvant contribuer à l’apparition de pathologies liées à l’âge. De plus, lorsque la réponse inflammatoire n’est pas contrôlée, l’intégrité même des membranes cellulaires peut être affectée, induisant alors des pathologies plus graves, comme la Covid-19. L’activation de la réponse inflammatoire implique plusieurs cascades de réactions métaboliques, dont les éicosanoïdes — des dérivés oxydés d’acides gras polyinsaturés de type oméga-3 et 6 — constituent l’une des familles de composés les plus importantes. Les oméga-6 sont considérés comme des composés pro-inflammatoires, tandis que les oméga-3 réduisent l’inflammation. Les producteurs les plus efficaces d’oméga-3 et 6 se retrouvent dans le milieu marin, soit les différentes espèces de phytoplanctons. Ce projet a pour but de valider le potentiel des huiles de nouvelles espèces de phytoplanctons isolées du Saint-Laurent et produites en photobioréacteur pour combattre l’inflammation. Nous utiliserons une nouvelle plateforme analytique qui offre un moyen innovant de combler des lacunes expérimentales freinant la compréhension des changements structuraux et de la mobilisation des composés actifs lors des processus inflammatoires. Contrairement à toutes les huiles marines disponibles sur le marché, nous ciblerons des espèces de phytoplanctons du Saint-Laurent riches en oméga-3 (typique des zones tempérées froides), mais faibles en oméga-6 (ratio optimal de 10:1). Les huiles disponibles actuellement, avec une trop forte concentration en oméga-6, favorisent les poussées inflammatoires responsables de plusieurs maladies. Une huile avec un ratio optimal devrait pouvoir contrôler les réactions inflammatoires, ce qui pourrait être démontré par la nouvelle plateforme d’analyse moléculaire que nous mettons en place. Ce projet est rendu possible par le développement récent d’une nouvelle méthode d’enrichissement du phytoplancton en isotopes stables 13C, 15N et 2H couplées à l’enrichissement isotopique de cellules humaines via l’intégration de monoglycérides d’acides gras polyinsaturés extraits des espèces phytoplanctoniques du Saint-Laurent. Nos objectifs spécifiques sont d’isoler de nouvelles espèces locales avec un profil lipidique adéquat et de les produire en masse afin de développer des méthodes de résonance magnétique nucléaire (RMN) et de spectrométrie de masse (MS) pour respectivement mesurer l’intégrité membranaire de la cellule et la mobilisation des composés actifs lipidiques impliqués dans les processus inflammatoires. Il sera donc possible de valider le potentiel d’utilisation de la biomasse phytoplanctonique pour produire les monoglycérides.

Equipe : L’équipe constituée pour mener à bien le projet rassemble des expertises complémentaires et pertinentes, appuyées par des réalisations antérieures, garantissant ainsi l’atteinte des objectifs fixés et des retombées attendues. L’équipe est composée de quatre chercheur.es provenant de trois institutions (UQAM, ISMER-UQAR et Cégep de la Gaspésie et des Iles), ainsi que deux chercheurs collaborateurs. Les collaborations antérieures entre ces chercheurs représentent un atout majeur pour ce projet, tout en offrant l’opportunité d’établir de nouvelles coopérations particulièrement prometteuses.

Réjean Tremblay (chercheur principal CP) UQAR-ISMER et RAQ, Isabelle Marcote (cochercheure COC) UQAM et RAQ, El Mahdi Bendif (cochercheur COC) UQAR-ISMER et RAQ, Lisandre Gilmore Solomon (cochercheur COC) Cégep de la Gaspésie et des Iles, Bernard Genard (collaborateur COL) Isobiokem et RAQ, Samuel Fortin (collaborateur COL).

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