Emma Duquenne-Delobel nous raconte son terrain aux Îles-de-la-Madeleine dans le cadre de son doctorat sur l’écologie des homards américains.

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Emma Duquenne-Delobel étudiante en doctorat sous la direction de Réjean Tremblay (UQAR/ISMER), la co-direction de David Drolet (MPO/IML) et la supervision de Benjamin Grégoire (MPO/IML), a participé, dans le cadre de son projet de doctorat, à une campagne de terrain aux Îles-de-la-Madeleine.

Le projet de recherche d’Emma a pour but de comprendre l’influence du refuge marin des lagunes des Îles-de-la-Madeleine sur l’écologie des homards américains.

Les lagunes des îles-de-la-Madeleine, situées dans le sud du Golfe du Saint-Laurent, abritent un écosystème unique, propice à la survie et au développement des jeunes stades de vie de plusieurs espèces d’importance commerciale telles que le homard américain et le hareng. Pour ces raisons, une fermeture de la pêche aux homards dans ces lagunes a été décidée en 1894. Le statut des lagunes a ensuite évolué plusieurs fois au cours du siècle dernier, jusqu’à leur désignation en 2017 en tant que Refuge Marin, dans le but de protéger les habitats de homards américains ainsi que les zones de frai des harengs et de contribuer aux cibles de conservation marine au Canada.

Cependant, ces dernières années, les lagunes ont subi des changements significatifs, avec l’augmentation des températures estivales, le développement de projets d’aquaculture et l’introduction d’espèces invasives. Or, les dernières informations scientifiques sur le rôle écologique des lagunes datent d’il y a plusieurs décennies et, à cette époque, certaines études remettaient en question la théorie du sanctuaire de reproduction pour les homards.

Une étude préliminaire réalisée au printemps 2022 par Pêche et Océan Canada, a révélé des densités importantes de recrues de homards dans les zones rocheuses, ainsi que la présence d’un grand nombre de homards adolescents habitant des terriers, creusés dans les herbiers de zostères à l’intérieur des lagunes. Ces observations mettent en lumière l’importance écologique des lagunes et soulignent la nécessité d’une réévaluation approfondie de leur rôle pour assurer une protection adéquate de cet écosystème.
Dans ce contexte, mon projet de recherche vise à mieux comprendre l’influence spécifique des lagunes des Îles-de-la-Madeleine sur l’écologie des homards américains. En explorant cette relation, nous cherchons à fournir des données précieuses pour une gestion et une préservation efficaces de ces habitats marins uniques.

Afin de répondre à cette question, la première étape a été pour nous, de se concentrer sur la caractérisation du régime alimentaire des juvéniles de homard américain, dans le but de mieux appréhender l’impact des lagunes sur leur état physiologique. Pour cela, une campagne de terrain s’est déroulée pendant trois semaines aux Îles-de-la-Madeleine, en avril-mai 2024, avec une équipe de conservation marine de Pêche et Océan Canada, sous la direction de Benjamin Grégoire.

Au cours de cette campagne, nous avons procédé à la capture de homards et de leurs proies lors de plongées effectuées par Samuel Naud et Marie-Maude Rondeau, à la fois à l’intérieur des lagunes de Grande-Entrée et de Havres-Aux-Maisons, ainsi qu’à l’extérieur, notamment sur le site des Demoiselles. Nous avons échantillonné différents types d’habitat, tels que les zones de galets, les blocs et les herbiers de zostères. Les homards capturés ont ensuite été remontés à bord du bateau pour être mesurés, sexés et leurs carapaces ont été examinées pour évaluer leur dureté.

Cette campagne de terrain nous a permis de collecter des échantillons en vue d’analyses ultérieures en laboratoire. De plus, elle nous a également donné l’opportunité de caractériser l’utilisation de l’espace par le homard, une démarche que nous approfondirons cet été à travers une expérience en salle des bassins à l’Institut Maurice Lamontagne.

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