Femmes et sciences : des chercheuses engagées avec les communautés côtières

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Cette semaine, dans le cadre du Mois des femmes et des filles en sciences, le RAQ souhaite mettre en lumière des chercheuses dont le travail repose sur une collaboration étroite avec les communautés côtières. En travaillant avec les pêcheurs, les acteurs locaux et les détenteurs de savoirs issus des milieux autochtones et allochtones, elles développent des projets solidement ancrés dans le territoire.

Leur démarche, fondée sur l’écoute et la co‑construction, rapproche la science des réalités vécues dans ces milieux. En intégrant les connaissances locales et les perspectives communautaires, ces scientifiques construisent une recherche plus pertinente et mieux adaptée aux enjeux des écosystèmes côtiers et aux besoins des populations.

Voici quelques exemples de projets collaboratifs portés par les chercheuses du RAQ

Autrices : Marianne Falardeau (TÉLUQ) & Mélanie Lemire (ULaval)
Publication : Understanding the significance of Arctic Char (Salvelinus alpinus; Iqaluppik) for Inuit food security, health, and well-being in Nunavik

Cette étude phare met en lumière l’importance de l’omble chevalier dans la sécurité alimentaire, la santé et les pratiques culturelles des Nunavimmiut.
Les chercheuses y explorent les préférences alimentaires, les facteurs environnementaux influençant la qualité du poisson et la richesse des savoirs inuits.

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Réalisé par Marianne Falardeau (TÉLUQ), ce film présente un projet collaboratif de deux ans visant à co‑imaginer l’avenir de la baie d’Ungava et de ses pêches.
À travers des scénarios participatifs, des représentants de cinq communautés explorent les transformations possibles du territoire, du climat et des pêches d’ici deux générations.

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Le travail d’Anne Beemelmans, Chercheuse postdoctorale (ULaval) porte sur la génomique des populations d’omble chevalier (Salvelinus alpinus), une espèce centrale pour de nombreuses communautés côtières nordiques sur les plans culturel, alimentaire et socioéconomique.
Elle contribue au projet FISHES, qui vise à développer des outils génomiques co‑construits avec les partenaires du Nord afin de soutenir une gestion des pêches adaptée aux réalités locales.
Son projet permet de :

  • documenter la diversité génétique des populations d’omble ;
  • éclairer la prise de décision locale pour une gestion durable ;
  • appuyer l’autonomie et les priorités des pêcheries communautaires.

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Dans le cadre du projet FISHES, Océane Perrot, chercheuse au doctorat (ULaval), étudie les mécanismes génétiques et physiologiques qui influencent la couleur de la chair de l’omble chevalier, un trait particulièrement important pour les pêcheries nordiques et les communautés qui en dépendent.

Son travail contribue à mieux comprendre la diversité génétique des populations arctiques et à développer des approches de gestion qui tiennent compte des besoins et des priorités du territoire.

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Chercheuse à la maitrise : Marjolaine Naud (ULaval)

Marjolaine Naud, chercheuse à la maitrise (ULaval), combine télémétrie acoustique et ADN environnemental pour mieux comprendre la dévalaison de l’omble chevalier à Freshwater Creek (Nunavut). Cette approche complémentaire permet d’obtenir un portrait plus représentatif, précis et non invasif des migrations printanières, essentiel pour soutenir la gestion durable d’une espèce au cœur de l’alimentation et des pratiques de pêche nordiques.

Son projet illustre parfaitement la force de la collaboration entre chercheurs, communautés locales et partenaires institutionnels. Il a été rendu possible grâce à Savoir Polaire Canada, RAQ, Pêches et Océans Canada, Centre d’études nordiques, l’Université Laval et la HTO de Cambridge Bay.

Un mini‑documentaire, réalisé par Brodie Larocque (Savoir Polaire Canada), présente cette aventure scientifique et humaine.

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Dans le cadre du projet pilote de pêche collective à retombées communautaires en Haute‑Gaspésie (Apogée Canada – Transformer l’action pour le climat 2024‑27), coordonné par Mélanie Lemire, chercheuse à l’Université Laval, l’équipe de recherche travaille à retisser les liens entre les pêcheries et la communauté locale.

En août dernier, Charlotte Cloutier (Biologiste ULaval) a organisé la toute première édition de la Journée de la Mer au quai de Tourelle, une activité phare du projet. L’événement a rassemblé près de 500 personnes autour d’animations et de rencontres mettant en valeur les savoirs, les pratiques et les réalités maritimes de la région. Grâce à l’implication de nombreux partenaires locaux, cette journée a permis de créer un espace d’échanges significatifs entre la population, les pêcheurs, les chercheurs et les élus — un moment fort de fierté et de mobilisation pour la Haute‑Gaspésie.

Équipe du projet : Association des pêcheurs côtiers de St-Joachim-de-Tourelle, MRC de la Haute-Gaspésie, Université Laval, UQAR, Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), CISSS de la Gaspésie, Mange ton Saint Laurent ! et le CIRADD, Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk (PNWW), Institut Maurice-Lamontagne (IML)

Partenaires de la Journée de la mer 2025 : Ville de Sainte-Anne-des-Monts, Société d’histoire de la Haute-Gaspésie, Créneau ressources, sciences et technologies maritimes (RSTM), Marché d’alimentation Metro Sainte-Anne-des-Monts, Cuisimer, Festi Fun Gaspésie, L’Arnak du Cap, Fourchette Bleu – Exploramer, Association Chasse et pêche de Tourelle

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Chercheuse : Mélanie Lemire (Université Laval)
Prix : Lauréate du Prix Acfas Jacques‑Rousseau 2025

Les travaux de Mélanie Lemire, menés en étroite collaboration avec les communautés nordiques et côtières, transforment la manière dont la santé environnementale est abordée au Québec et ailleurs. Sa démarche transdisciplinaire, ancrée dans l’écoute et la co‑construction, vise à mieux comprendre les contaminants chimiques — notamment le mercure, le sélénium et les PFAS — et leurs liens complexes avec la nutrition, la santé et les pratiques alimentaires traditionnelles.

Ses recherches ont permis de documenter pour la première fois le rôle protecteur potentiel de la sélénonéine, un composé du sélénium retrouvé en concentrations élevées chez les Inuits du Nunavik et dans la peau des bélugas. En mettant en lumière les multiples bénéfices de l’alimentation marine, ses travaux contribuent à nuancer les recommandations de santé publique pour les populations dont la souveraineté alimentaire repose sur les ressources côtières.

Elle a également dirigé des études majeures sur les PFAS, révélant des niveaux d’exposition parmi les plus élevés au pays chez les jeunes de certaines communautés des Premières Nations. Ces résultats ont mené à des avancées réglementaires nationales et internationales, ainsi qu’au lancement de la vaste étude pancanadienne FENHCY sur la nutrition, la santé et les environnements des enfants autochtones.

En plus de ses contributions scientifiques, Mélanie Lemire joue un rôle clé dans la mobilisation des communautés. Elle coordonne notamment un projet pilote de pêche collective à retombées communautaires en Haute‑Gaspésie, qui réunit pêcheurs, chercheurs, organisations locales et Premiers Peuples pour imaginer des solutions innovantes face aux changements climatiques. Son travail illustre la force d’une science engagée, participative et profondément ancrée dans les réalités des territoires.

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