La recherche collégiale en action : la salicorne du Saint-Laurent à l’honneur au colloque ACFAS

raqcommunicationAutres, Chercheurs et Chercheuses, Congrès, Étudiant.e.s, Événements, Nos membres rayonnent

Le 92e congrès de l’ACFAS approche, et avec lui, une formidable vitrine sur l’innovation scientifique qui germe dans les cégeps du Québec, avec le colloque la recherche collégiale, un moteur pour l’action à découvrir les 5 et 6 mai prochains à Montréal.

Parmi les projets à découvrir cette année : celui d’Élouann Doucet, finissant en Techniques d’aquaculture à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec, Gaspésie et des Îles, qui explore le potentiel de culture de la salicorne, une plante comestible prisée par les chefs… et pleine d’avenir. Vous pourrez découvrir son affiche « Quelles stratégies pour maximiser les rendements de culture de la salicorne du Saint-Laurent?« , fruit du travail conjoint avec Éric Tamigneaux (Cégep de la Gaspésie et des Îles, membre du RAQ), Lisandre Gilmore Solomon (Cégep de la Gaspésie et des Îles, collaboratrice RAQ), Étienne Léveillé-Bourret (Université de Montréal) et Louarn Fauchet (Doctorant à l’Université Laval et membre étudiant du RAQ).

La salicorne est une plante halophyte qui pousse naturellement dans les lagunes littorales, comme les barachois du Saint-Laurent. Réputée pour son goût iodé et sa texture croquante, elle est très recherchée en gastronomie. Mais sa cueillette en milieu naturel menace l’équilibre fragile de ces écosystèmes. Dans d’autres pays (France, Pays-Bas, Israël, USA), la culture de la salicorne est déjà bien établie, souvent en serres ou en champs. Au Canada, il ne semble pas y avoir de culture qui se fait et les espèces locales sont mal connues. Un autre intérêt de cette espèce est que sa tolérance au sel en fait une bonne candidate pour valoriser les boues et les rejets d’élevage de poissons marins, notamment en aquaponie. Des essais préliminaires menés à l’école des pêches et de l’aquaculture ont montré qu’il était possible d’en faire la culture en hydroponie mais que, dans nos systèmes de culture, la floraison précoce a réduit la durée de croissance végétative. Une fois en fleur, la croissance s’arrête, les tiges se lignifient et elle perd de sa valeur alimentaire.

C’est là qu’intervient Élouann Doucet, soutenu par une équipe multidisciplinaire de chercheurs, d’enseignants et d’étudiants issus du RAQ. Encadré dans le cadre de l’Option Recherche-Études offerte au cégep, Élouann a mené son projet : tester l’effet de l’intensité d’éclairage et de la photopériode sur la croissance et la floraison. Les cultures se faisaient en aquaponie en bacs profonds (sur radeaux flottants) et les cultures témoins dans des pots remplis de média terreau-sable.

Ses résultats ? Prometteurs :

  • Une photopériode très longue (19 h d’éclairage) retarde la floraison.
  • La culture en hydroponie semble accélérer la croissance comparée à la culture en terre.

Des conclusions qui ouvrent la porte à une production en serre viable et durable, potentiellement intégrée à des systèmes aquaponiques utilisant les rejets d’élevages marins. Des échantillons ont aussi été confiés à un chercheur de l’Université de Montréal pour une identification génétique des espèces. Pendant ce temps, d’autres étudiants des Îles et de Gaspé poursuivent les essais, en comparant l’effet de différents niveaux de fertilisation sur la croissance et la floraison. L’objectif à moyen terme est d’intéresser un producteur maraîcher à lancer une production en serre.

📢 Appel à collaboration
Vous avez des compétences en analyse statistique ?
L’équipe de recherche autour du projet Salicorne est à la recherche d’une personne pouvant contribuer à l’analyse des données récoltées par Élouann. Une belle occasion de participer à une recherche concrète, collaborative et ancrée dans les enjeux environnementaux du Québec maritime !
Contactez: etamigneaux@cegepgim.ca

Ce projet est le fruit d’une belle collaboration entre étudiants du cégep et de l’université. Aux côtés d’Élouann, des chercheur·e·s du Cégep de la Gaspésie et des Îles, l’Université Laval et l’Université de Montréal ont contribué à l’analyse génétique des plants, à l’identification des espèces et à l’encadrement scientifique.

Cette approche collaborative, issue du réseautage RAQ, démontre à quel point les cégeps sont des acteurs actifs de la recherche appliquée, en lien direct avec les réalités des régions.

Élouann n’en est pas à son premier projet : il a déjà présenté des travaux sur deux autres espèces d’algues rouges, Palmaria palmata et Wildemania amplissima, cette dernière faisant l’objet d’une affiche scientifique conjointe avec une stagiaire française à l’International Seaweed Symposium les 4-9 mai prochains.
Ces travaux ont déjà fait l’object d’une participation au 90e congrès de l’ACFAS.

Découvrez-en plus ici : Vers un nori 100 % québécois : élucidation du cycle de vie de l’algue rouge Wildemania amplissima dans une perspective d’aquaculture.

Aujourd’hui inscrit au baccalauréat en géographie à l’UQAR, Élouann incarne cette nouvelle génération de scientifiques curieux, enracinés dans leur territoire et tournés vers l’innovation durable.

Découvrez son affiche sur la culture de la salicorne et venez échanger avec lui et d’autres jeunes chercheurs passionnés. L’événement est une occasion unique de voir la science en action, dans toute sa diversité et sa pertinence locale.

Inscrivez-vous dès maintenant pour assister au colloque ACFAS

Partager cet article