
Le bruit des navires pousse les larves de moules vers des habitats sous-optimaux
Delphine Veillard, chercheuse postdoctorale à l’Université du Québec à Rimouski – ISMER et Stéphane Beauclercq, chercheur post-doctoral à l’Université du Québec à Montréal, cosignent un article dans Marine Ecology Progress Series intitulé :
Ce papier est issu de la thèse de Delphine Veillard, réalisée sous la direction de Réjean Tremblay, et illustre magnifiquement les collaborations existantes au sein du réseau Ressources Aquatiques Québec (RAQ). On dénombre 7 membres du RAQ sur les 11 auteurs de l’article. Une collaboration interdisciplinaire, instersectorielle (avec la participation de l’entreprise Isobiokem) et internationale !
Félicitations à toute l’équipe!
Voici le résumé en français de cette étude :
Le bruit océanique anthropique global causé par le transport maritime devrait doubler tous les 11,5 ans, mettant en danger les organismes marins. Alors que l’impact du bruit sur les mammifères marins est bien documenté, ses effets sur les mollusques, qui ont une immense importance économique et écologique, restent largement inconnus. Afin d’étudier les conséquences du bruit sur le métabolisme des mollusques au cours des premières étapes cruciales de leur vie, des larves de moules bleues Mytilus edulis ont été exposées au bruit des navires en laboratoire jusqu’au stade post-larvaire et leur métabolome a été analysé. Des analyses multivariées du métabolome ont montré que le bruit de la navigation induisait une inflammation liée au stress avec une demande énergétique accrue, un renouvellement plus important des protéines et une perturbation de l’activité du système nerveux. Par conséquent, le bruit a retardé la métamorphose dans des habitats sous-optimaux avec des coûts métaboliques plus élevés, ce qui peut affecter la durabilité de l’écosystème et de l’aquaculture car les larves de moules compétentes luttent pour sélectionner des habitats de développement appropriés. Si aucune mesure n’est prise pour limiter le bruit sous-marin, de tels impacts pourraient perturber les structures des populations et la biodiversité marine.
Voici le résumé en français de cette étude :
Global anthropogenic oceanic noise caused by shipping is predicted to double every 11.5 yr, putting marine organisms at risk. While the impact of noise on marine mammals is well documented, its effects on molluscs, which hold immense economic and ecological importance, remain largely unknown. To investigate the consequences of noise on mollusc metabolism during crucial early life stages, blue mussel Mytilus edulis larvae were exposed to shipping noise in a laboratory setting until the post-larval stage and their metabolome was analysed. Multivariate analyses of the metabolome showed that shipping noise induced stress-related inflammation with increased energy demand, higher protein turnover, and disrupted nervous system activity. Consequently, noise promoted delayed metamorphosis in suboptimal habitats with greater metabolic costs, which may affect ecosystem and aquaculture sustainability as competent mussel larvae struggle to select suitable development habitats. Without action to limit underwater noise, such impacts could disrupt population structures and marine biodiversity.
Découvrez ou redécouvrez également la vidéo « RAQconte-moi comment le son des bateaux agit sur le développement de la moule bleue ».
Profitez-en pour découvrir ou redécouvrir le projet AUDITIF, auquel la thèse de Delphine était rattachée.
Le RAQ est fier d’avoir soutenu financièrement les projets de recherche Auditif via son programme de soutien au projet conjoint. Nous avons également participé financièrement à la concrétisation du volet ART-SCIENCE, une première pour nous et nous espérons que cela pourra inspirer la communauté!
Ces évènements ont été couverts par différents média et voici les liens pour voir ou écouter les interventions de nos membres :
Par ailleurs, ce projet ART-SCIENCE a mené à la création d’un album et à une live session :
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