
Nouvelle capsule scientifique: comment algues et mollusques s’entraident en mer
Le RAQ est heureux de présenter la troisième capsule scientifique de la saison 3 de RAQ’conte‑Moi, consacrée cette fois à une approche innovante pour renforcer la durabilité des fermes maricoles québécoises : la co‑culture en mer de macroalgues et de moules bleues.
Dans cette capsule, Valentin Cavarlé, doctorant à l’UQAR–ISMER, nous plonge au cœur d’un projet mené en partenariat avec la Ferme maricole du Grand Large de la famille Bujold. Sous la direction de Fanny Noisette (UQAR–ISMER), Éric Tamigneaux (EPAQ–Cégep), Réjean Tremblay (UQAR–ISMER) et Fabrice Pernet (IFREMER, Plouzané), il explore comment l’association de la macroalgue Saccharina latissima et de la moule bleue Mytilus edulis pourrait offrir aux producteurs des solutions concrètes face aux défis posés par les changements climatiques.
Co‑cultiver pour mieux s’adapter : une idée simple, un potentiel immense
Les fermes aquacoles côtières du Québec sont confrontées à des pressions croissantes : réchauffement des eaux, fragilisation des écosystèmes, variabilité accrue des conditions environnementales.
Pour les petites exploitations, ces enjeux sont particulièrement sensibles — mais elles représentent aussi un terrain idéal pour tester des pratiques innovantes.
La co‑culture repose sur un principe clair : associer deux espèces qui se soutiennent mutuellement.
Dans ce cas-ci :
- Les macroalgues captent une partie des rejets produits par les moules,
- Elles produisent aussi de la matière organique susceptible de contribuer à leur alimentation,
- Les moules, de leur côté, filtrent l’eau et influencent la dynamique locale des nutriments.
Cette interaction pourrait réduire l’empreinte environnementale des fermes tout en améliorant la croissance et la qualité des moules.
Des suivis en mer pour mesurer les bénéfices réels
À partir de suivis réalisés directement en mer, le projet vise à documenter les avantages concrets de cette co‑culture algue–mollusque.
L’objectif est double :
- Produire des connaissances utiles aux producteurs,
- Proposer des pistes pour une aquaculture plus résiliente, mieux adaptée aux réalités des côtes québécoises.
En évaluant l’autosuffisance alimentaire, la performance des organismes et l’intégration des niveaux trophiques, cette recherche contribue à imaginer des systèmes de production plus efficaces et mieux adaptés aux défis climatiques.
Un projet au cœur des axes du RAQ
Ce projet est soutenu par :
- Le Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada(CFREF – Transforming Climate Action),
- Les Fonds de recherche du Québec (programme Projets Nouvelle Équipe – Pôle Bioalimentaire 2024‑2025),
- Une bourse d’excellence de l’ISMER pour le doctorat en océanographie,
- Ressources Aquatiques Québec (RAQ).
Il s’inscrit pleinement dans l’axe Aquaculture de la programmation scientifique du RAQ, en contribuant autant à l’avancement des connaissances fondamentales sur les interactions macroalgues–bivalves qu’au développement de pratiques maricoles plus durables.
Le RAQ est soutenu financièrement depuis 2006 par le Fonds de recherche du Québec (Programme regroupements stratégiques).
Pour écouter la capsule
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