Nouvelle capsule scientifique : pêcheurs et baleines unissent leurs forces en Gaspésie

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Le RAQ est heureux de présenter la quatrième capsule scientifique de la saison 3 de RAQ’conte‑Moi, consacrée cette fois à un projet collaboratif unique en son genre : comprendre comment les baleines — dont la baleine noire de l’Atlantique Nord, espèce en danger critique d’extinction — utilisent l’habitat côtier du sud de la Gaspésie, afin de soutenir une pêche au homard durable.

Dans cette capsule, Manon Riou, diplômée de la maîtrise en océanographie à l’ISMER‑UQAR, nous plonge au cœur d’un projet mené en collaboration avec le Regroupement des Pêcheurs Professionnels du Sud de la Gaspésie (RPPSG). Sous la direction de Lyne G. Morissette, et co‑dirigé par David Deslauriers et Benjamin de Montgolfier, ce travail explore comment pêcheurs et biologistes marins peuvent unir leurs expertises pour mieux documenter la présence des cétacés dans une zone de pêche essentielle à l’économie régionale.


La baleine noire de l’Atlantique Nord est l’une des espèces les plus menacées au monde. Décimée par la chasse, elle fait aujourd’hui face à des menaces d’origine humaine : empêtrements dans les engins de pêche, collisions avec les navires, perturbations acoustiques.

Depuis quelques années, cette espèce emblématique fréquente le golfe du Saint‑Laurent, une zone auparavant peu étudiée pour sa présence. Cette nouvelle utilisation de l’habitat a entraîné des fermetures d’urgence de zones de pêche au homard en 2017 et 2019, avec des impacts majeurs pour les pêcheurs gaspésiens — alors même que les données sur la présence réelle de l’espèce étaient limitées.

Le projet de maîtrise de Manon Riou s’inscrit dans cette réalité complexe, à la croisée des enjeux écologiques, économiques et sociaux.


Issu de l’initiative « Pêcheurs et baleines en Gaspésie », le projet cherche à répondre à une interrogation essentielle pour la gestion durable des pêches :

La baleine noire de l’Atlantique Nord utilise‑t‑elle la zone de pêche au homard du sud de la Gaspésie?

Pour y répondre, pêcheurs et scientifiques collaborent chaque été afin de documenter la biodiversité marine :

  • observations des mammifères marins, requins et oiseaux,
  • suivi des activités de pêche,
  • enregistrements acoustiques (depuis 2024),
  • prélèvements d’ADN environnemental.

Ces données permettent de mieux comprendre comment les cétacés utilisent ce territoire côtier dynamique, et d’identifier les conditions favorisant une coexistence durable entre baleines et pêche au homard.


Ce projet est soutenu par :

AIl s’intègre pleinement dans la programmation scientifique de Ressources aquatiques Québec, qui vise à fournir aux acteurs du milieu des outils innovants et des connaissances essentielles pour soutenir une exploitation durable des ressources aquatiques.

Le RAQ est soutenu financièrement depuis 2006 par le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (programme regroupements stratégiques).


Pour écouter la capsule

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Crédit photo :
RAQ’CONTE-MOI si c’est possible de pêcher le homard tout en protégeant les baleines noires

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