
Nouvelle capsule scientifique: RAQ’CONTE-MOI comment une goutte de sang nous informe sur la santé des poissons
Le RAQ est heureux de dévoiler la deuxième capsule scientifique de la saison 3 de RAQ’conte-Moi, consacrée à une avancée technologique prometteuse pour la recherche marine : la biopsie liquide appliquée aux poissons.
Dans cette capsule, Fanny Fronton, Ph.D. en biologie à l’INRS–Armand-Frappier Santé Biotechnologie, nous présente une technique inspirée de la médecine humaine qui utilise le sang comme véritable miroir de l’état de santé des espèces marines. Sous la direction d’Yves St-Pierre (INRS) et de Dominique Robert (UQAR–ISMER), elle montre comment l’analyse de biomarqueurs sanguins permet de détecter rapidement des signaux clés : stress environnemental, maladies, variations de température ou manque de nourriture.
Une méthode non létale pour mieux surveiller les populations de poissons
La biopsie liquide ouvre la voie à une surveillance plus fine, plus rapide et beaucoup moins invasive des poissons. Cette approche est particulièrement pertinente pour une espèce qui fait couler beaucoup d’encre dans le golfe du Saint-Laurent : le sébaste.
Depuis quelques années, ce poisson a fait un retour spectaculaire. De rare, il est devenu dominant, représentant jusqu’à 90 % de la biomasse en 2018. La pêche au sébaste a d’ailleurs été rouverte en 2024 après une longue interruption.
Mais cette explosion démographique soulève plusieurs préoccupations scientifiques :
- Le sébaste est un prédateur vorace qui menace la crevette nordique ;
- Il entre en compétition avec le turbot, dont la population décline depuis 25 ans ;
- Une densité aussi élevée favorise le cannibalisme entre individus ;
- Elle pourrait accélérer la propagation de maladies et de parasites.
Comprendre l’état de santé de cette espèce est donc essentiel pour anticiper ses impacts sur l’écosystème du golfe.
Le sang comme fenêtre sur l’environnement
Le laboratoire d’Yves St-Pierre utilise des techniques d’analyse moléculaire inspirées des prises de sang humaines. Le sang des poissons, encore peu étudié, contient pourtant une mine d’informations.
Les chercheurs s’intéressent notamment à l’ADN des bactéries présentes dans le sang, qui agit comme un véritable biomarqueur. Ces signaux permettent de détecter :
- Un coup de chaud,
- Un coup de froid,
- Un manque de nourriture,
- Une infection,
- Ou tout autre changement environnemental.
Ce travail vise à mieux caractériser le sang des poissons dans des conditions contrôlées, une étape essentielle pour appliquer cette méthode directement en milieu naturel ou pour les entreprises aquacoles.
Un projet au cœur des axes du RAQ
Ce projet est soutenu financièrement par les Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies et par Ressources Aquatiques Québec.
Ce projet est un bel exemple d’interdisciplinarité car il s’inscrit pleinement dans l’axe Pêches du RAQ tout en contribuant à l’axe Innovation et à l’axe Aquaculture.
Pour écouter la capsule
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