Ghizlane Banousse publie un article dans la revue scientifique G3 Genes|Genomes|Genetics

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Félicitations à Ghizlane Banousse doctorante à l’UQAR-ISMER sous la direction de Céline Audet pour la publication de son article scientifique dans la revue G3 Genes|Genomes|Genetics intitulé “Parental thermal environment controls the offspring phenotype in Brook charr (Salvelinus fontinalis): insights from a transcriptomic study”.

Voici un résumé vulgarisé des résultats de cette étude :

Le réchauffement climatique est une réalité actuelle qu’il faut malheureusement accepter, et il met particulièrement en péril les espèces aquatiques adaptées au froid, telles que l’omble de fontaine. Toutefois, il n’est pas nécessaire de s’alarmer car chaque espèce sur Terre a une incroyable capacité de survie. Pour se maintenir, certaines peuvent modifier leur génome afin de s’adapter à des températures plus élevées. Cependant, ce processus de modification génétique peut s’étendre sur des millions d’années, ce qui est incompatible avec l’urgence imposée par le réchauffement climatique actuel. Les espèces nécessitent donc une stratégie d’adaptation plus immédiate, qui leur permette de s’ajuster aux conditions plus chaudes en une seule génération. Cette stratégie implique de modifier leur épigénome, c’est-à-dire les marqueurs chimiques qui influencent l’expression des gènes, sans altérer la séquence d’ADN elle-même.

Dans cette étude, nous avons examiné la capacité de l’omble de fontaine à présenter une réponse épigénétique face à l’augmentation des températures. Pour ce faire, nous avons exposé les parents à deux régimes thermiques différents, l’un froid et l’autre chaud, et nous avons ensuite incubé leur progéniture à deux températures distinctes, 5°C et 8°C. Notre analyse s’est concentrée sur l’ensemble du transcriptome du cerveau de la progéniture. Nos résultats révèlent une réponse épigénétique intergénérationnelle marquée, où l’environnement thermique des parents influence significativement l’expression génique de leur progéniture. L’exposition des parents à des environnements plus chauds était associée à une surexpression des processus liés à la compensation du stress thermique et à une sous-expression de plusieurs fonctions liées à l’activité neuronale et synaptique, suggérant que, même si l’omble de fontaine peut avoir une certaine capacité d’adaptation aux conditions plus chaudes, leur comportement pourrait néanmoins être affecté. Nos découvertes ont également des implications pour l’aquaculture et la conservation de l’omble de fontaine. En manipulant les environnements thermiques des parents, cela pourrait induire une expression génique bénéfique chez la progéniture qui renforcerait leur résilience face à l’augmentation des températures. Cela pourrait améliorer la productivité en aquaculture et augmenter les taux de survie dans des environnements plus chauds.

Graphique en points montrant les 10 processus biologiques régulés à la baisse (A), et les 10 processus biologiques régulés à la hausse (B) chez les alevins d’omble de fontaine issus des parents exposés à une température chaude par rapport à ceux issus des parents exposés à une température froide.

Pour retrouver l’article de Ghizlane : https://bit.ly/4aP3I7n

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